PERMACULTURE

Une culture de la pérénnité ?
Emergence ou récupération ?

Comment Définir Un concept aussi évocateur que flou ?

Le terme permaculture a le pouvoir de faire naitre quasi instantanément des images et de renvoyer à des imaginaires. Mais ceux-ci sont remplis de conceptions intuitives (Insérer info bulle). Sous son aspect fédérateur, n’y a t-il pas autant de définition de la permaculture que de personnes faisant partie de ce milieu social ? Afin de ne pas enfermer la pensée dans une définition autocentrée, nous te proposons d’en consulter plusieurs, voire d’écrire la tienne.

ET EN Mots-clés ?

Pérennité ; Ethique ; Ecosystème ; Durable ; Justice ; Biomimétisme ; Décroissance…

AVANT 1970

Origine du mot

Le terme « permaculture » est un mot-valise. Il est issu de l’expression américaine « permanent agriculture » qu’utilisa l’agronome américain Cyril George Hopkins dans son livre de 1910 Soil Fertility and Permanent Agriculture. Franklin Hiram King la reprit dans son livre de référence de 1911 Farmers of Forty centuries or Permanent Agriculture in China, Korea and Japan. L’expression « permanent agriculture » sous-entend des méthodes culturales qui permettent aux terres de maintenir et développer leur fertilité naturelle. En 1929, Joseph Russell Smith a résumé sa longue expérience de cultures pour l’alimentation humaine et animale avec des fruits et des noix dans le livre Tree Crops: a permanent agriculture.

Le terme « permaculture » lui-même a été utilisé pour la première fois par Bill Mollison et David Holmgren dans leur livre Permaculture One paru en 1978.

 

Influences

L’Australien Percival Alfred Yeomans introduisit dans les années 1950 la méthode des contours (« Keyline Design ») comme méthode d’approvisionnement et de distribution en eau d’un site. Cette approche de l’aménagement influença fortement les fondateurs de la permaculture.

 Jusqu’à ce que Bill Mollison rencontre Masanobu Fukuoka en 1973 et lise son livre La révolution d’un seul brin de paille (1975, traduit en anglais en 1978), il se demandait comment intégrer de manière satisfaisante les céréales et les légumineuses dans la permaculture. Les travaux du Japonais en agriculture naturelle le mirent sur la voie.

 Howard T. Odum eut aussi une influence importante, surtout pour David Holmgren : le travail d’Odum a surtout porté sur l’écologie des systèmes, en particulier le principe de puissance maximum, duquel découle l’idée cardinale que les écosystèmes tendent à optimiser l’utilisation de l’énergie.

 Une autre influence précoce est due aux expériences et ouvrages de Ruth Stout aux États-Unis et d’Esther Deans en Australie, pionnières des méthodes de culture sans travail du sol.

 Mais l’idée est beaucoup plus ancienne, ainsi que le décrit Christophe Gatineau dans son ouvrage Aux sources de l’agriculture, la permaculture : illusion et réalité. Il explique qu’aux xviie et xviiie siècles sont déjà publiés des ouvrages de précurseurs de la permaculture. Ainsi, L’Agronome, ou dictionnaire portatif du cultivateur de Pons Augustin Alletz mentionne dès 1760 que :

« C’est une chimère que de prétendre donner une méthode d’Agriculture générale : il en faudrait une différente pour chaque province ou chaque canton ; car chaque province ne doit travailler à perfectionner que ce qu’elle possède, et ne faire d’essais que sur les productions analogues à son terroir. »

« … C’est donc une nécessité pour le progrès de l’Agriculture de ne suivre que des exemples tirés d’un terrain, qu’on sait être semblable à celui qu’on veut fertiliser. ».

La synthèse des années 70-80

Au milieu des années 1970, les Australiens Bill Mollison et David Holmgren commencèrent à développer des idées pouvant être utilisées pour créer des systèmes agricoles stables. Ce travail résultait de leur perception d’une utilisation toujours plus importante de méthodes agro-industrielles destructrices qui polluaient l’eau et la terre, réduisaient la biodiversité et érodaient des millions de tonnes de terres auparavant fertiles. Une approche appelée « permaculture » fut leur réponse et fut rendue publique pour la première fois avec la publication en 1978 du livre Perma-Culture 1, une agriculture pérenne pour l’autosuffisance et les exploitations de toutes tailles.

Après la publication de Permaculture One, Mollison et Holmgren affinèrent et développèrent leurs idées par l’application de leur méthode. Selon Holmgren, ils mirent en œuvre « la conception consciente de paysages qui miment les modèles et les relations observés dans la nature, visant à obtenir une production abondante de nourriture, de fibres textiles et d’énergie pour satisfaire les besoins locaux. ». Cette information est structurée dans des livres plus détaillés, à commencer par Permaculture 2. Mollison enseigna dans plus de 80 pays et son cours certifié de 72 heures fut suivi par des centaines d’étudiants.

La permaculture se développe dans le monde avec la création d’instituts, de revues et de projets d’aide au développement avec Declan Kennedy en Allemagne, Robyn Francis en Australie et Rosemary Morrow dans de nombreuses contrées. 

Le formateur anglais en permaculture Patrick Whitefield, suggère qu’il y a deux mouvements de permaculture : la permaculture originelle (agriculture permanente) et la permaculture de design (conception de systèmes adaptés à tous les aspects de la vie).

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Permaculture#Histoire

LA REFLEXION ETHIQUE

La permaculture propose de s’appuyer sur une éthique,  C’est un ensemble de valeurs fondamentales qui gouvernent la réflexion et l’action.

L’éthique de la permaculture peut être résumée ainsi :

  • prendre soin de la nature (les sols, les forêts, l’eau et l’air) ;
  • prendre soin de l’humain (soi-même, la communauté et les générations futures) ;
  • partager équitablement, limiter la consommation et la reproduction et partager le surplus.

LES PRINCIPES

Bill Mollison et de David Holmgren ont proposé d’utiliser des principes directeurs visant à penser un écosystème dans sa complexité. Conçus pour un cadre agricole, les principes peuvent s’appliquer aux autres domaines ou être adaptés. Ils ne constituent pas un dogme mais une base de départ. Chaque pratiquant de la permaculture peut ajouter de nouveaux principes qui enrichissent ceux des origines.

Parmi ces principes, tirés de l’observation de systèmes naturels résilients, on peut citer :

  • favoriser la diversité ;
  • valoriser les bordures ;
  • observer et interagir ;
  • capter et stocker l’énergie ;
  • obtenir une production ;
  • appliquer l’autorégulation et accepter la rétroaction ;
  • favoriser les ressources renouvelables ;
  • les déchets des uns sont les ressources des autres ;
  • intégrer plutôt que séparer ;
  • travailler avec la nature ;
  • le problème est la solution ;
  • chaque élément remplit plusieurs fonctions ;
  • chaque fonction est remplie par plusieurs éléments ;
  • prendre la responsabilité de sa propre vie maintenant…

    LA méthode d’ingénierie

    Obredim (acronyme anglais pour Observation, Boundary, Resource, Evaluation, Design, Implementation et Maintenance) est une méthode d’ingénierie permettant de démarrer un projet concret de permaculture.

    1) L’observation permet de récolter des informations qui serviront à comprendre le fonctionnement naturel de l’écosystème local. L’observation d’un site sur une année entière permet de considérer de multiples facteurs : la topographie, les cycles biologiques de la faune, de la flore et du sol, les vents et leurs caractéristiques, l’écoulement des pluies et leur densité, l’ensoleillement et les ombres, le débit des cours d’eau, etc.

    2) Les limites (Boundaries) sont aussi bien matérielles (limites géographiques ou financières), qu’immatérielles (compétence, législation, etc.).

    3) Les ressources incluent les personnes impliquées, les finances, ce que vous pouvez faire pousser ou produire dans le futur, ce que vous voulez voir et faire sur le site.

    4) L’évaluation de ces trois premières étapes vous permet de préparer les trois suivantes. C’est une phase ou l’on prend en considération toutes les choses à portée de main avec lesquelles on va travailler, existantes ou que l’on souhaite avoir, et où l’on regarde en détail leurs besoins spécifiques, afin d’identifier ses propres besoins en termes d’information.

    5) La conception (Design) est toujours un processus créatif et intense et l’on doit utiliser au maximum ses capacités à voir et à créer des relations synergiques entre tous les éléments identifiés dans la phase ressources.

    6) La mise en œuvre (Implementation) est littéralement la première pierre posée à l’édifice, quand on aménage soigneusement le site en fonction de l’agenda décidé.

    7) La maintenance est nécessaire pour garder le site à son maximum de santé, en faisant des ajustements si nécessaire.

    Une bonne conception évite d’avoir à recourir à des ajustements majeurs. Le design est une méthode d’amélioration continue et nécessite de se poursuivre tout au long de la vie du projet.

    D’autres phases peuvent compléter cette méthode : 

    La Vision ou But : c’est ce qui guide le concepteur, c’est de savoir pourquoi on fait un design, pour quels besoins, pour quelles finalités (une transition vers quel paradigme ?).

    Evaluation : une fois le design mis en place, il peut être judicieux de faire son évaluation, de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas

    Amélioration : (Tweak) améliorer la conception en corrigeant les erreurs, en maximisant certains éléments ou fonctions, en intégrant de nouveaux éléments.

    DANS QUEL PARADIGME émerge la permaculture ?

    Un paradigme est un cadre de pensée délimitant une représentation cohérente du monde. Quelques exemples de paradigmes : le libéralisme, le christianisme, le communisme, l’hindousime, l’anarchisme, etc.
    La permaculture fait partie d’une communauté plus large que celle des permaculteureuses et partage ses préoccupations avec tout un tas de mouvements dits de transition vers un nouveau paradigme non défini notamment car la communauté est divisée entre plusieurs paradigmes ainsi que sur les méthodes de transition.
    La permaculture est une approche proposée pour tenter de résoudre les problèmes identifiés au sein du paradigme dominant donnant à voir d’autres possibilités.
    Notre difficulté à la catégoriser découle de cette confusion
    Voici plusieurs courants de pensée proches ou en interaction avec la permaculture depuis ces débuts :
    • La pensée complexe
    • Le hollisme méthodologique
    • Le taoïsme (non agir)
    • L’éco développement, le développement durable
    • L’écologisme
    • L’occident
    • L’ingénierie
    • L’individualisme 
    • La méritocratie
    • Le capitalisme
      • La pensée bourgeoise
      • Le libéralisme
      • Le christianisme
      • Le communisme
      • L’anarchisme
      • La Science
      • L’ésotérisme
      • Le complotisme
      • L’individualisme

      EN FRANCE DEPUIS LES ANNEES 80

       

      Il existe peu de ressources disponibles sur le sujet ou bien ces dynamiques ont été peu documentées ou dans des documents faiblement accessible au grand public ou intéresse peu la communauté francophone.

      La permaculture semble arriver en France assez tardivement en comparaison d’autres pays anglosaxons européens.

      On peut citer quelques dates clés :
      • 2008 : création de Brin de Paille
      • 2009 : création de l’Université Populaire de Permaculture
      • 20  : 1ère Rencontres Nationales de Permaculture
      • 2011-2015 : étude Maraîchage biologique permaculturel et performance économique, INRA – Ferme du Bec Hellouin
      • 2013 : création des Estivales de Permaculture à Montreuil par l’association PermaMontreuil (93)
      • 2015 : Film Demain réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent (plus d un million d entrées)
      • 2018 : 1er MOOC Permaculture – Partenariat entre le l’Université Colibris et des formateurs de l’Université populaire de la permaculture (UPP)
      • 2022 : 8ème Rencontres Nationales de Permaculture organisée par Brin de Paille à côté de Tours (37)
      • 2023 : les journées de la permaculture du 6 au 14 mai partenariat UPP / Brin de Paille

       

      A l’international depuis les années 80

      Il existe peu de ressources disponibles sur le sujet ou bien ces dynamiques ont été peu documentées ou dans des documents faiblement accessible au grand public ou intéresse peu la communauté francophone.

      On peut citer quelques dates clés :
      • 1978 : parution du livre Permaculture 1
      • 1984 : 1ère Convergence Internationale de Permaculture (IPCC)  à Rowlands, New South Wales, Australie
      • 1993 : parution du livre Permaculture 2
      • 2002 : parution du livre de David Holmgren : a Permaculture: Principles and Pathways Beyond Sustainability
      • 2005 : 7ème Convergence internationale en Croatie

      • 2009 : création des journées internationales de la permaculture (JIP)

      • 2017 : 13ème Convergence Internationale en Inde

      • 2022 : 14ème Convergence Internationale en Argentine

      Et maintenant – En France

      2023 : 9ème Rencontres Nationales de Permaculture à Cornil (19) du 17 au 20 aout (Cf. Page RNP)

      Et maintenant – A l’international

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      IPC15 Taiwan, 2024

      La fin de l’histoire ?

      Les membres actifs de BDP veulent aller plus loin dans cette compréhension en la confrontant au réel de notre société, des types de nos relations, de la manière dont on s’organise etc… La manière même dont la perma est diffusée en France entre parfois en contradiction avec l’étique et les principes de la perma. Nous voulons inviter les permaculteureuses à décortiquer, bousculer, remettre en question notre approche et notre compréhension de la perma